Réforme territoriale: quel avenir pour la Picardie?

Publié le par Thomas ROGER DEVISMES

« On ne relève pas Picardie »

Plus ancienne unité de l’armée française, le 1er régiment d’infanterie (1erRI) de Sarrebourg est l’héritier des bandes de Picardie, créées en 1479. Sa devise date de la bataille de Parme en Italie, en 1734, quand on proposa à Charles de ROHAN-ROCHEFORT, prince de Montauban, de relever son régiment qui était sur la ligne de feu depuis un long moment. La réponse du prince ne se fit pas attendre :

« Monsieur, vous saurez qu’on ne relève pas Picardie ! »

Ministère de la Défense - République française

Gentes Dames, gents Sieurs,

Bonjour!

La réforme territoriale ne manque pas d'inquiéter...

Pour mieux nous informer, le Conseil régional de Picardie a créé un site internet.

Sur celui-ci, il est possible, en plus d'être informé-e, de s'exprimer!

D'ailleurs, l'association Achteure a rédigé une lettre à l'intention de Sa Majesté le Roi des Belges:

Sire,

Le 2 juin 2014, le Président de la République Française, Monsieur François Hollande, a annoncé les orientations de la réforme territoriale de notre pays.

Notre Picardie, par sa culture, est depuis le moyen âge attachée au nord de la France et à une partie de la Belgique. Nous parlons la même langue d’oïl : le picard, dans les régions du Nord, du Pas-de-Calais, de la Picardie et du Hainaut Belge.
Pierre Louvet dans son ouvrage « L’histoire de la ville et cité de Beauvais », édité à Rouen en 1614, écrit : « Beauvais vient de Belloacus ou Belluac, composé de Belgen, qui signifie Belges et de Uac ou Vvuac dit signifie Guet ». Beauvais serait le lieu de veille des Belges. La nation de la « Gaulle Belgique » tire son étymologie de Belgis, ville capitale des Belges ou de Belgius, quatorzième Roy des Gaulles qui fonda cette ville de Belgis ou Belgions, que nous appelons maintenant Beauvais. Beauvais aurait donc été la capitale de la Gaulle belgique.

Notre association Achteure est intervenue à plusieurs reprises en Belgique où elle reçut un accueil extrêmement chaleureux. Des spectacles dans la ville de Tournai, l’inauguration de la sortie de « Tintin » par Casterman, le rassemblement de plus de 400 adolescents chantant dans la langue picarde à l’invitation de la RTBF à Mons.

Le choix de notre Président de la République, au grand étonnement des Picards, est de former une étonnante région Picardie, Champagne, Ardennes.
Récemment notre ministre de la défense, Monsieur Jean Yves Le Drian justifiait sur France-Inter ce choix dans une logique d’aménagement du territoire et de tourisme. Pourtant rien n’est plus compliqué pour un Beauvaisien que d’aller à Reims : aucune grande voie routière transversale n’existe et encore moins ferrée.
Quant au tourisme, les voyages liant nos régions datent des deux dernières guerres mondiales ! Depuis celles-ci, nos peuples ont été tués, nos maisons détruites, nos langues bafouées, nos costumes déchirés, nos instruments oubliés, nos cultures enterrées.... Pourquoi en cette année de toutes les commémorations, nous chercher à nouveau querelle ?

D’ailleurs, dans ce besoin de simplification territoriale, pourquoi le gouvernement français n’a-t-il pas seulement gardé les grandes régions proposées aux élections européennes : notre région du Nord, Pas-de-Calais, Picardie, Normandie répondait à une idée plus cohérente.

Aujourd’hui, la contestation monte et la plupart des militants de la culture picarde entre en résistance.
Déjà dans un courrier adressé le 28 août 2012 à Monsieur François Hollande, je rappelais que l’Unesco indique que la langue picarde (« chti » et « rouchi » en font partie), est en danger. Si rien n’est fait d’ici deux à trois générations, les traces de la plus vieille langue d’oïl avec le normand, auront disparu. Si le français est la langue officielle et incontournable de la République dans l’espace public, notre langue picarde demeure cette racine rare, gage de notre richesse et de notre diversité. La langue picarde a obtenu l’asile linguistique de l’Unesco en 2013.

Certains évadés fiscaux français ayant trouvé refuge dans votre pays, j’implore la Haute Bienveillance de Votre Majesté, par cet appel du 18 juin 2014 afin d’obtenir l’asile territorial pour notre région picarde, car nous ne souhaitons être séparés ni de votre Wallonie picarde de Belgique, ni de notre pays « Chtimi » du Nord, et Pas-de-Calais.

Daignez, votre Majesté, agréer l’expression de mon profond respect.

Réforme territoriale - Picardie

Gentes Dames, gents Sieurs, je vous remercie d'avoir lu cet article dans son intégralité.

A très bientôt.