5 mai 1920: arrestation de Nicola SACCO et Bartolomeo VANZETTI

Publié le par thomrogdev

« Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »

Bartolomeo VANZETTI, au juge THAYER

Motsaïques2

« Rappelle-toi, Dante, rappelle-toi toujours ces choses. Nous ne sommes pas des criminels. On nous a condamnés sur un tissu d'inventions, on nous a refusé un nouveau jugement, et si l'on nous exécute après sept ans, quatre mois, onze jours de souffrances inexprimables, c'est pour les raisons que je t'ai dites, parce que nous étions pour les pauvres et contre l'exploitation et l'oppression de l'homme par l'homme. »

Bartolomeo VANZETTi, au fils de Nicola SACCO

Motsaïques2

« Cher monsieur Dumontais,

Depuis hier soir jusqu'à ce soir, j'ai relu plusieurs fois votre lettre. Je m'empresse d'accepter votre proposition, et c'est avec joie que Nicola et moi allons répondre aux questions de vos lecteurs.

Voici notre affaire. On nous a jugés coupables de meurtre au premier degré, entraînant la peine de mort. Si la Cour suprême refuse un nouveau jugement, la sentence sera exécutée. La grâce, si elle est possible, pourrait être accordée par le gouverneur. Mais dans notre cas, cette grâce serait que le gouverneur commuerait notre peine en peine d'emprisonnement à vie. Pour nous, accepter cette grâce serait la même chose que se reconnaître coupables.

Comment accepter la prison à vie après cinq ans de luttes, après avoir dépensé 300 000 dollars, fait trois protestations mondiales ; après que nos camarades ont sacrifié pour nous sang et liberté, après tout ce qui a été fait pour nous ? Comment accepter la prison, puisque nous sommes innocents. Nous avons dit souvent que nous voulions la mort ou la liberté.

Je vous en prie, monsieur Dumontais, faites tout ce que vous pouvez dans ce sens ; dites à tout le monde que nous préférons la mort à la prison... Qu'il ne faut pas dire un mot, ni donner un cent, ni remuer un doigt pour obtenir autre chose que la mort ou la liberté... »

Bartolomeo VANZETTI

Drapeau Noir

«... nous sommes innocents. Vive l'Anarchie! »

Bartolomeo VANZETTI (fin de la lettre à l'éditeur)

Drapeau Noir