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11 Juin 2026
Bonjour.
Précédemment :
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Bonjour. La Coupe du Monde 2026 aura bientôt lieu en Amérique, vingt-huit ans après la fameuse édition de 1998. Et qui dit 1998, dit victoire, dit Aimé Jacquet. Voici le résumé détaillé de...
Le précédent article.
La défaite contre l’équipe bulgare, due à Kostadinov, en ce soir de novembre 1993, provoque la démission de Gérard Houllier (de gré) et celle du président fédéral, Jean Fournet-Fayard (de force). Jacques Georges assure l’intérim. Noël Le Graët, alors président de la Ligue nationale professionnelle, organise chez lui, à Guingamp, un dîner en compagnie de Gérard Houllier et d’Aimé Jacquet : ce dernier doit devenir sélectionneur (pages 83-84).
16 février 1994, France – Italie (match amical), avec un but de Djorkaeff en fin de première période. Éric Cantona est fait capitaine (page 85), dont Aimé Jacquet loue les qualités (pages 85-86).
Après l’Italie (dont l’équipe n’avait jamais été vaincue par la sélection française de 1920 aux années 80, comme précisé page 85), place au Chili : victoire française à Lyon (3-1).
L’équipe de France s’envole ensuite pour disputer la Kirin Cup, au Japon, qu’elle remporte : victoire contre la sélection australienne à Kobe (1-0) avec Fabien Barthez, puis contre la sélection nippone à Tokyo (4-1), devant un public à moitié féminin (page 86). Laurent Blanc y était également (pages 86-87).
Puis viennent les matches de qualification à l’Euro 96.
Le 17 août 1994, à Bordeaux, alors menée 2-0 par la sélection tchèque, l’équipe de France fait entrer en jeu un atout, un attaquant tout juste recruté : Zinédine Zidane, qui inscrit deux buts durant la dernière demi-heure, « aux 85e et 87e minutes » (page 88).
Aimé Jacquet a pour adjoints Philippe Bergeron et Henri Émile. L’équipe de France a souvent joué sur des terrains en mauvais état : en Slovaquie, en Pologne, en Turquie (pages 88-89).
Le sélectionneur critique les étiquettes médiatiques « offensives » et « défensives » affublées aux équipes (page 90), prenant exemple sur les diverses organisations de l’équipe de France avec Desailly, Le Guen, Martins, Pedros, Loko, Ouédec, Deschamps, Guérin, Zidane, Ginola, Lizarazu et Lebœuf (page 91), ce dernier ayant inscrit ses deux premiers buts en sélection, contre l’équipe azérie, à Auxerre, en 1995 ; résultat : France 10 – 0 Azerbaïdjan.
Victoire ensuite face à la sélection roumaine, à Bucarest, 3-1 (page 92), le 11 octobre 1995.
Quelques jours avant la rencontre France – Israël, le Premier ministre Yitzhak Rabin est assassiné par un extrémiste juif.
Au stade Michel-d’Ornano, à Caen, le 15 novembre 1995, la minute de silence initialement prévue se mue en minutes d’un lourd silence, silence à peine perturbé par le coup de sifflet arbitral. Les dirigeants israéliens, dont Jacob Erel, en ont été émus aux larmes (page 93).
Après deux victoires et sept matches nuls, l’équipe de France se prépare pour l’Euro 96, qui se tiendra en Angleterre (page 94).
Aimé Jacquet passe en revue son équipe : Bernard Lama et Bruno Martini, protecteurs de Fabien Barthez ; Angloma et Di Meco en défense, aidés par Lilian Thuram et Bixente Lizarazu ; Laurent Blanc et Marcel Desailly dans l’axe, avec Franck Lebœuf à la rescousse ; Christian Karembeu, Didier Deschamps, Vincent Guérin, Sabri Lamouchi et Ronald Pedros occupent le milieu de terrain ; à l’attaque, l’association Zinédine Zidane – Youri Djorkaeff (pages 94-95).
Éric Cantona, après avoir envoyé ses pieds à la face d’un voyou, écope de huit mois de suspension (page 95).
Aimé Jacquet revient sur sa décision d’écarter David Ginola et Éric Cantona, pour raisons techniques (pages 95-100). Pour préciser le décalage existant entre la société et Cantona, il cite « La mauvaise réputation » de Georges Brassens : « les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux » (pages 99-100).
Georges Brassens, « La mauvaise réputation »
Puis, Aimé Jacquet aborde la préparation de l’Euro.
Il n’y a pas de sélection nationale plus ou moins noble ou prestigieuse. Il n’y a que l’obligation de prouver sa valeur chaque fois qu’on endosse le maillot bleu frappé du coq. Celui qui ne l’a pas compris, qui croit pouvoir se réserver pour les grandes occasions, se met automatiquement en difficulté et, le plus souvent, s’élimine tout seul.
Nous commençons par une victoire (2-0) contre la Finlande à Strasbourg [le 29 mai 1996]. Dès la fin du match, un car nous emmène jusqu’à notre retraite allemande de Baiersbronn, une superbe auberge en pleine Forêt Noire. La gastronomie réputée de l’endroit a déjà été appréciée à plusieurs reprises, comme en témoignent les photos sur le mur, par le chancelier Helmut Kohl et bon nombre de ses illustres visiteurs.
À la faveur de ce petit séjour en Forêt Noire, nous inaugurons une formule que nous allons renouveler en plusieurs occasions, toujours avec le même succès : associer les épouses des joueurs et de l’encadrement à des moments choisis de notre vie en groupe.
Par sa disponibilité et sa bonhomie naturelle, Henri Émile se révèle ici comme ailleurs un maître d’œuvre idéal. De ce jour jusqu’au terme de la Coupe du monde, avec la complicité de mon assistante, Élisabeth Bougeard, responsable administrative à la FFF de tout ce qui concerne l’équipe de France, il va gérer en toute discrétion ce qui pourrait passer pour de l’anecdotique ou du loisir mais qui a participé, je n’hésite pas à le dire, au bon déroulement et au succès de notre entreprise.
[…] Philippe Tournon, notre chef de presse, a des talents cachés de chanteur. Son répertoire de Ferré, Dassin, Lama, sans oublier son célèbre « Mexico », mis à l’honneur au Mundial (sic) 86, est impressionnant ! Comme sa compagne Élisabeth fait merveille dans l’interprétation de Piaf, Goldman et quelques autres, nous sommes rarement pris de court quand, en fin de repas, il nous vient l’envie de pousser la chansonnette. Lorsqu’ils interprètent à deux voix le superbe « Dis, quand reviendras-tu » de Barbara, nous avons carrément la larme à l’œil.
[…] je ne regrette rien. Je suis même persuadé que ce genre de soirées, précisément parce qu’elles sont rares, nous font un bien immense, sur le plan individuel et collectif. Nous nous montrons sous un jour autre que dans l’exercice de nos fonctions au sein du staff et cela resserre les liens du groupe. Et avant d’aller rejoindre outre-Manche les quinze autres pays qualifiés pour England 96...
Puis, Aimé Jacquet décrit les attentes des techniciens français quant aux lieux de résidence et d’entraînement des joueurs, une fois sur le sol anglais (pages 104-105) et la détermination de Zinédine Zidane, malgré son accident de voiture la veille du rassemblement pour la préparation à Clairefontaine (pages 105-106) et malgré l’enchaînement de la Coupe Intertoto et de la Coupe de l’UEFA avec Bordeaux.
Le sélectionneur évoque ensuite les premières rencontres (page 107) : Roumanie (victoire due à Dugarry), Espagne (1-1, avec un but de Djorkaeff), Bulgarie (victoire française, 3-1). Mais aussi le repos avec, déjà, à l’époque, les « écarte-narines » (page 108).
Les deux matches suivants se sont achevés par des tirs au but : victoire sur l’équipe néerlandaise à Liverpool, mais défaite face aux Tchèques à Manchester (page 108), la blessure à l’entraînement de Didier Deschamps, dit « Trois Pommes » (page 109), n’ayant rien arrangé (pages 108-109).
Suite à l’Euro 96, Aimé Jacquet passe trois semaines en son chalet de Thônes (Haute-Savoie), en ermite (page 110).
Sûr de la victoire des Bleus moins de deux ans avant la Coupe du monde (ibidem), soutenu par le président de la FFF, Claude Simonet (page 111), Aimé Jacquet s’explique (de la page 110 à la fin du chapitre).
Gervais Martel, président lensois qui avait douté d’Aimé Jacquet, exprima ses regrets, en public (p. 112).
Le sélectionneur recrute un autre technicien, de la même promotion, mais sorti major : Roger Lemerre (p. 115) passé, comme Michel Platini, par l’École interarmes des sports de Fontainebleau (page 120) ; et un quatrième kinésithérapeute, Thierry Laurent, qui s’ajoute donc à Frédéric Mankowski, Albert Gal et Philippe Boixel (pages 116 et 122) ; Richard Chiche ayant été appelé pour l’Euro, oui, mais « en catastrophe » (page 116).
Au sein de l’équipe de France, Roger Lemerre avait pour mission principale la préparation athlétique, secteur essentiel dans une compétition aussi longue que la Coupe du monde.
Il y a eu d’abord une phase d’élaboration théorique à laquelle ont participé activement tous les techniciens du staff, ainsi que le docteur Jean-Marcel Ferret et Jacques Devismes, un entraîneur national très au fait de ces questions (ce qui n’a pas échappé à l’AS Monaco qui l’a enrôle au lendemain de la Coupe du monde).
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Hommage à mon grand-père maternel - Les écrits d'un poète français
Mesdames et Messieurs, Bonjour. Je rends hommage à Jacques Devismes, éternel entraîneur, pointure du football... mon grand-père maternel. Né le 8 avril 1936 à Davenescourt , il est décédé ...
https://www.thomasrogerdevismes.fr/2026/01/hommage-a-mon-grand-pere-maternel.html
Jacques Devismes, mon grand-père maternel, technicien footballistique hors-pair.
Sauf blessure, les joueurs ont été compétitifs d’un bout à l’autre. Mais à cet aspect purement athlétique, physiologique, s’ajoute une dimension psychologique : chaque joueur s’est senti encadré, jour après jour, comme si son cas était le plus important !
Philippe Bergeroo, Henri Émile, Roger Lemerre furent naturellement mes envoyés spéciaux le plus souvent sollicités pour les nombreuses missions d’observation des joueurs dans la période 1996-1998. Mais je m’appuyais aussi sur les autres entraîneurs nationaux mis à ma disposition, sans la moindre hésitation, par Gérard Houllier. À partir de toutes ces observations, des fiches furent établies, puis informatisées, non seulement sur les joueurs français sélectionnables, mais aussi sur tous nos adversaires potentiels.
Jean-Pierre Morlans, Raymond Domenech, Jean-François Jodar, Christian Damiano, Jacques Devismes, Jacques Crevoisier, Patrice Bergues, Claude Dusseau, Francisco Filho, André Mérelle et Gérard Houllier, bien sûr, participèrent ainsi activement à la réalisation d’un puzzle géant qui devait un jour dessiner la Coupe du monde !
Dans le football de haut niveau, il y a longtemps que les médecins et les kinés ne sont plus seulement là pour « soigner les bobos ». Ils sont devenus des auxiliaires à part entière pour les techniciens. Ils passent en effet plus de temps que n’importe qui avec les joueurs. Au point que la table de massage finit presque par ressembler au divan du psychanalyste !
Mieux que quiconque, ils sont à même de déceler certains états d’âme, d’explorer ici une petite contrariété, là une euphorie dangereuse. C’est dire l’importance de leur apport dans la gestion du groupe, dans l’élaboration du travail de terrain comme dans la récupération.
Aimé Jacquet revient ensuite sur la question du dopage (pages 124-126), précise bien qu’aucun produit interdit n’a été injecté aux joueurs et rend hommage à Marie-George Buffet, qui fut ministre de la Jeunesse et des Sports et qui soutint l’équipe de France.
Le sélectionneur rappelle aussi toute l’importance de Philippe Tournon, ancien « rédacteur en chef adjoint et responsable de la rubrique football » du journal L’Équipe (p. 126-128), appelé par Fernand Sastre et Michel Hidalgo en 1983 (page 126).
Sans oublier Diamantino « Manu » de Faria, responsable des équipements (pages 128-129) ; Jean-Pierre « Moblo » Cantin, le « monsieur Sécurité », « en provenance d’une unité du ministère de l’Intérieur, spécialisée dans la protection rapprochée des personnalités » (page 129) ; Christian Sarkis, chef d’une équipe du RAID, agissant de concert avec le précédent (ibidem) ; André Bisson, chef cuisinier (ibidem) ; Gilles Bocq, représentant de l’équipementier Adidas (ibidem) ; Jean Verbeke, « président de la Ligue de Paris-Île-de-France et vice-président de la FFF » (page 130) ; Jean-Pierre Hureau, « président du Havre AC et vice-président de la LNF » (ibidem).
De 1996 au printemps 97, premières supervisions par les entraîneurs-espions (pages 131-132) et premiers essais (pages 132-133) avec l’apparition en sélection de Pires, Maurice, Goma, Candela, Gava, Djetou, Ibrahim Ba, Blondeau et Vieira.
Aimé Jacquet met en place la bulle de protection (pages 134-135 + 153-154), une bulle pour le « bien-vivre » (page 154), racontée en détail à partir de la page 155.
Il évoque le Tournoi de France de la fin de saison 96-97 (pages 135-140), avec le fabuleux coup franc de Roberto Carlos, tiré à plus de trente mètres (page 136) ; la victoire 2-1 contre la sélection sud-africaine à Lens le 11 octobre 1997 (page 139) ; et, plus largement, l’incompréhension émaillée de sifflets entre le public et l’équipe de France (pages 139-140) ; l’inauguration du Stade de France lors de la rencontre France-Espagne le 28 janvier 1998 (page 140, mais aussi pages 145-147), une « cathédrale ronde » (page 145), avec Zinedine Zidane comme premier buteur du Stade (page 146).
Le sélectionneur revient sur le stage à Tignes (pages 141-145), le confort des épouses et des enfants rassurant les joueurs (page 142) ; les joueurs-cadres (Deschamps, Blanc, Djorkaeff, Desailly, Thuram et Zidane) prennent part à une réunion resserrée autour de Jacquet, afin de motiver l’ensemble du groupe (pages 143-144).
Puis viennent le match amical contre la sélection norvégienne, à Marseille, s’achevant par un 3-3 (pages 147-149), la défaite à Moscou (page 150) et le match nul à Stockholm (page 151).
Sera communiquée, le 5 mai 1998, une « liste globale de vingt-huit joueurs » (ibidem).
Le 9 mai, le Racing Club de Lens est sacré champion de France (page 152).
Aimé Jacquet et les techniciens élaborent une « préparation terminale » pointue (page 153) : du 11 au 16 mai, oxygénation et récupération à Tignes ; du 18 au 25 mai, remise à niveau à Clairefontaine ; du 25 au 30 mai, tournoi Hassan II au Maroc ; du 2 au 4 juin, travail physique à Clairefontaine ; du 4 au 8 juin, dernier match en Finlande, « dernière mise en place, derniers réglages » (page 153).
Le séjour à Tignes est fort de chansons, avec, notamment, celle composée par Patrick Donche-Gay, moniteur de ski de l’ESF (page 161).
Il y a bien l’hymne officiel de la Coupe du monde, la chanson officielle des Bleus et je ne sais quoi encore, mais, pour nous, la véritable chanson de l’équipe de France restera celle de notre moniteur de Tignes !
La, la la, la, la... la la la la la la
Chanson officielle de France 98
Une autre chanson officielle.
Le séjour à Clairefontaine (pages 162-166) voit le départ des six joueurs non retenus : Lionel Letizi, Pierre Laigle, Ibrahim Ba, Martin Djetou, Sabri Lamouchi et Nicolas Anelka (pages 163-165).
Aimé Jacquet aurait aussi aimé réunir différentes familles du football français :
Il s’agit évidemment de l’équipe de 58, celle des Jonquet, Kopa, Fontaine, Piantoni, Vincent, la première à accéder en Suède au podium d’une Coupe du monde. Et de la « génération Platini », avec les Battiston, Bossis, Tigana, Giresse, Rocheteau, Lacombe, qui a aussi décroché la troisième place au Mexique en 1986, deux ans après avoir conquis, à Paris, le titre de champion d’Europe.
Au Maroc (pages 166-168), Aimé Jacquet présente la hiérarchie des gardiens :
1) Barthez,
2) Lama et
3) Charbonnier (page 167).
Suivent le retour à Clairefontaine (page 168) et le match en Finlande (pages 168-169).
Aimé Jacquet clôt ce chapitre par une référence toute scolaire :
L’heure est venue pour moi de rendre ma copie. Le seul correcteur, ce sera la Coupe du monde, match après match. Mais j’ai tellement peaufiné cette copie pendant deux ans, surtout ces derniers mois, que je ne peux pas redouter un zéro pointé. Je ne sais si nous décrocherons la meilleure note, pourtant une chose est sûre : nous ne devrions pas être très loin du tableau d’honneur...
Passage en revue mémoriel de toute la préparation (pages 171-176).
L’équipe de France, arrivée à l’aéroport de Marseille-Marignane le jeudi 11 juin 1998 à 11h (page 172), loge au Moulin de Vernègues, établissement sis en retrait de la Route Nationale 7, qui avait déjà accueilli une précédent sélection française pour la demi-finale (victorieuse) de l’Euro 84 face au Portugal (page 173).
Vendredi 12 juin 1998, le Jour J. La patrouille de France donne « l’aubade » (page 174). Aimé Jacquet rappelle la composition de l’équipe de France :
- dans les buts : Fabien Barthez ;
- en défense : Lilian Thuram, Laurent Blanc, Marcel Desailly et Bixente Lizarazu ;
- à la récupération : Didier Deschamps et Emmanuel Petit ;
- en attaque : Zinédine Zidane, Youri Djorkaeff, Stéphane Guivarc’h et Thierry Henry (page 175).
Aimé Jacquet évoque le tout premier match de la Coupe du monde : face à l’Afrique du Sud et, tout autant, face au mistral (pages 175-178), marqué par la blessure de Stéphane Guivarc’h (page 177), remplacé par Christophe Dugarry, premier buteur de France 98 (page 178).
Étrangement, Aimé Jacquet se remémore les premier et troisième buts français (Dugarry et Henry, page 178), mais pas celui d’Alain Boghossian (indiqué en annexe 2, page 292).
Au Moulin de Vernègues, les épouses sont réunies en chorale, portant chacune un maillot blanc « France 98 » (page 179), adaptant « Aux Champs-Élysées » de Joe Dassin, pour une dédicace toute spéciale.
Lors d’un match opposant les remplaçants à une équipe arlésienne composée d’amateurs, David Trezeguet « est victime d’une entorse à la cheville » (page 180).
Selon le sélectionneur, au poste d’avant-centre,
[…] il faut plus souvent enfiler le bleu de chauffe que le smoking et, pour de nombreuses raisons, il n’est pas dans la mentalité française de le revendiquer, d’y persévérer et, à l’arrivée, de s’y imposer.
Survient, autre malheur, le décès de Fernand Sastre (déjà cité page 126), ancien président fédéral ayant bataillé ferme pour que la Coupe du monde soit disputée en France, en cette année 1998 (page 181).
À Clairefontaine depuis le 14 juin (ibidem), Aimé Jacquet revoit l’organisation de l’équipe (page 182) avant le prochain match contre l’équipe saoudienne. La défense demeure telle quelle :
Naturellement, je ne touche pas à la défense, qui est la garantie de notre assise, notre base arrière d’où tout s’enclenche vers l’avant dans la sérénité et la rigueur.
Mais, au milieu, je fais entrer Alain Boghossian aux côtés de Didier et, devant Zizou, nous allons évoluer avec Thierry Henry à droite, Bernard Diomède à gauche et Christophe Dugarry en pointe axiale.
Aimé Jacquet met en place des « doublettes » (page 183) :
Ce sera Thuram-Henry sur le flanc droit et Lizarazu-Diomède sur le gauche.
En ce 18 juin 1998, la défense saoudienne tient bon jusqu’au but de Thierry Henry à la trente-sixième minute (page 184 et page 292), six minutes après la blessure de Christophe Dugarry (page 183).
En seconde période, David Trezeguet met un but (page 184) et Zinédine Zidane se voit décoré d’un carton rouge (ibidem).
Si Zidane a une telle réaction sur le terrain, lui qui ne ferait pas de mal à une mouche, ce n’est pas par hasard. Il a dû en subir, des tirages de maillot et des interventions pas franches du collier, pour avoir un tel coup de sang !
Il faudrait que les arbitres « sentent » davantage le poids des circonstances, qu’ils redoublent de vigilance afin de ne pas sanctionner uniquement le joueur asticoté qui se laisse aller à riposter, mais aussi l’agresseur, souvent très habile à dissimuler des interventions illicites. C’est un des combats que je mène dans le domaine de l’arbitrage, et je ne me lasserai pas d’enfoncer le clou.
Le second point que je tiens à relever concerne la sanction prononcée par la commission de discipline de la FIFA à l’encontre de Zidane : deux matches de suspension pour une mauvaise réaction, pour un geste non prémédité qui n’a entraîné aucune blessure, c’est trop.
Les deux buts suivants sont marqués par Thierry Henry et Bixente Lizarazu (pages 186 et 292).
Emmanuel Petit, Didier Deschamps, Laurent Blanc et Bixente Lizarazu ont écopé d’un carton jaune (ibidem).
Le lendemain, décrassage pour ceux qui ont joué et, pour les autres, match contre « l’équipe de France de la Police » (page 187) ; pour tous, une soirée-spectacle animée par Jean-Pierre Paoli, ancien musicien de Claude François et speaker officiel de la FFF (pages 187-188).
L’équipe, déjà qualifiée, alignera face à la sélection danoise les joueurs n’ayant pas encore disputé le moindre match (page 189). Mais Bernard Lama, gardien n°2, devançant les « supputations » médiatiques (page 190), argue auprès d’Aimé Jacquet que Fabien Barthez doit jouer ce match (ibidem).
La rencontre France-Danemark se jouant, non en soirée, mais dans l’après-midi, comme celles qui suivront (en huitième et quart de finale), tout l’horloge biologique des joueurs doit être revue… et adaptée (pages 191-192).
Le match se déroulant à Lyon, l’équipe logera au château de Pizay (page 192), sis sur la commune de Saint-Jean-d’Ardières.
Aimé Jacquet et Lyon, les débuts du métier d’entraîneur (pages 192-193 ; cf. aussi pages 67-68).
But sur penalty de Youri Djorkaeff (page 193) et égalisation danoise lors de la première période, puis but d’Emmanuel Petit (ibidem).
Le lendemain, au stade de Saint-Jean-d’Ardières, l’équipe est acclamée :
L’engouement grandit et la ferveur populaire promet de monter encore de plusieurs crans.
Une journée à Clairefontaine, puis départ pour Lens en car, mode de transport qu’Aimé Jacquet apprécie (page 197 ; cf. aussi page 54), souvenez-vous du deuxième chapitre.
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Bonjour. La Coupe du Monde 2026 aura bientôt lieu en Amérique, vingt-huit ans après la fameuse édition de 1998. Et qui dit 1998, dit victoire, dit Aimé Jacquet. Voici le résumé détaillé de...
Les transports en car, chers à Aimé Jacquet.
L’équipe de France loge au sein de la Chartreuse du Val-Saint-Esprit, « une ancienne distillerie reconvertie dans l’hôtellerie » (page 197).
Je reviens à une composition d’équipe relativement classique, toujours dans l’idée de prendre le jeu à notre compte. Avec Zidane suspendu, Dugarry indisponible, Guivarc’h tout juste remis de sa blessure, je choisis de mettre en place un quatuor offensif, Djorkaeff-Diomède-Trezeguet-Henry qui n’a encore jamais débuté un match de Coupe du monde.
À Bollaert, les Paraguayens font bloc autour des buts, défendant leur gardien, José Luis Chilavert, jusqu’aux prolongations (pages 198-199).
Laurent Blanc délivre l’équipe de France (page 199), à la cent-quatorzième minute (page 292). Aimé Jacquet précise :
[…] je ne suis pas favorable au but en or, qui me paraît injuste. La loyauté du combat consiste à s’opposer sur une période déterminée de quatre-vingt-dix minutes ou cent vingt minutes, que chacun gère comme il l’entend. Alors qu’avec cette règle, après un but marqué à la quatre-vingt-onzième minute, on arrête tout. L’adversaire n’a pas la possibilité de « répondre », de faire valoir les atouts qui lui restent. C’est trop dur.
Dans le cas de ce France-Paraguay, la sanction est apparue à tous logique parce que la victoire revenait à l’équipe qui a fait le jeu, qui a pris tous les risques. Le football est sorti gagnant. Mais je persiste à penser que le but en or, dans sa cruauté, cadre mal avec l’esprit du football.
Beaucoup ont prétendu que l’équipe de France revenait de loin. Encore une fois, cela n’a jamais été mon sentiment. D’accord, nous avons souffert, mais ni la confiance ni la lucidité n’ont jamais déserté notre camp, comme en témoigne l’action limpide qui amène le but de Laurent Blanc.
Je ne dis pas autre chose à Lionel Jospin lorsqu’il vient nous saluer gentiment après le match dans le vestiaire, en nous avouant que nous avons mis ses nerfs à rude épreuve. Mais la victoire n’est-elle pas plus belle lorsqu’elle se fait désirer ?
Après un repas pris sur place, à Bollaert, afin d’éviter les bouchons de sortie du stade, le retour sur Paris est fabuleux.
Prochaine rencontre : l’Italie (pages 202-207), à Saint-Denis, au mythique Stade de France, le 3 juillet 1998, en quart de finale (cf. annexe 2, page 293).
Et nous avons tous le sentiment qu’aller à la bataille contre l’Italie avec seulement deux milieux de terrain à vocation défensive serait plutôt irresponsable. Aussi la décision est-elle vite prise de blinder notre milieu avec, aux côtés de Deschamps et de Petit, le renfort de Karembeu.
Les deux sélections ne se départagent qu’aux tirs aux buts :
[…] Zidane qui marque, Lizarazu qui rate mais Barthez qui arrête dans la foulée le tir d’Albertini, Trezeguet impeccable, Henry aussi, Laurent Blanc sans problème. Avant le dernier tir de Di Biagio, nous menons 4-3. S’il marque, on recommence ; s’il échoue, nous sommes en demi-finale...
Tir trop « enlevé » (page 207), ballon contre la barre transversale : l’équipe de France ira en demi-finale.
Une ombre au tableau : le peu de soutien, au stade. Les joueurs, dont Didier Deschamps se fait le porte-parole, eu égard au match, « attendaient un soutien plus ferme, plus bruyant, plus constant » (page 208). Aimé Jacquet précise :
Le public qui garnit les stades d’un Mondial est un public d’abord cosmopolite (donc pas forcément concerné par les équipes en présence), ensuite hétéroclite : on y trouve des milliers de spectateurs invités ou payants qui ne sont pas des supporters dans l’âme et qui viennent plus pour l’événement que par amour du football ou d’une équipe.
Du fait des obligations protocolaires, des sponsors et partenaires des uns et des autres, il circule, pour chaque match, des milliers de billets dont on ne contrôle pas réellement l’utilisation ni le destinataire final.
Les vrais supporters, ceux qui peuplent les stades le dimanche, ceux qui ont la fibre football, sont de ce fait en nombre très restreint dans les tribunes de Coupe du monde. C’est regrettable, mais c’est ainsi, et aucune amélioration ne se profile à l’horizon.
Tous ces éléments font que la vraie ferveur, les regards illuminés de bonheur, les pancartes touchantes, nous les verrons beaucoup plus dans la rue que dans les stades.
L’Allemagne défaite par la Croatie, d’un terrible 3-0 (page 210), l’équipe de France se prépare, revenant au « modèle 21 heures » (page 211 ; cf. pages 191-192 pour le dérèglement de l’horloge biologique des joueurs).
Mais, à Saint-Denis, en ce 8 juillet 1998, face aux Croates, Aimé Jacquet s’inquiète :
Pour la première fois depuis le début de la Coupe du monde, je fais ce constat inquiétant : l’équipe de France n’a plus la maîtrise du jeu, l’équipe de France décroche ! Le courant ne passe plus entre les joueurs, entre les lignes. Nous sommes en danger devant des adversaires solides, expérimentés et volontiers provocateurs, qui nous déstabilisent psychologiquement.
Dans le vestiaire, après le coup de gueule du sélectionneur, les joueurs se ressaisissent :
Avec des mots à eux, avec des phrases qu’ils ne terminent pas toujours, ou tout simplement des cris, ils commencent, sous la houlette d’un Didier Deschamps bien campé dans son rôle de meneur, à retendre la toile de la solidarité. Ils redonnent de la consistance aux vertus fondamentales qui ont fait leur force jusque-là, et qu’ils ont un peu perdues de vue, soudain, contre la Croatie.
Sauf que…
Le match reprend à peine que, sur un alignement approximatif de Thuram, là-bas, sur le flanc droit, Suker se retrouve plein axe, libre de tout marquage, et s’en va tromper Barthez impitoyablement !
Mais ce même Lilian Thuram sauve l’équipe de France, grâce à deux buts (page 214). Aimé Jacquet s’interroge :
Comment ne pas parler d’un « phénomène Thuram » dans ce France-Croatie ? Pour l’expliquer, je crois qu’il faut invoquer une réaction de colère et d’orgueil blessé.
Lilian est une pièce maîtresse de cette équipe de France, à un poste d’arrière droit qui lui convient à merveille, même s’il persiste à penser – à tort, à mon sens – qu’il est meilleur en défense centrale.
Après la mi-temps, alors qu’il revient sur le terrain en pétard, comme ses copains, prêt à en découdre, voilà que pour un moment d’inattention, parce qu’il n’a pas été dans le bon timing sur une remontée de notre défense, il se trouve en quelque sorte coupable du but de Suker.
Cette erreur, il ne l’admet pas, il ne la supporte pas. Et ce qu’il accomplit à partir de là, jusqu’à ce qu’il ait non seulement effacé sa bévue en égalisant, mais aussi retrouvé tout son crédit, d’abord à ses propres yeux, en donnant l’avantage aux Bleus, est proprement surhumain.
Et, pour finir, ce geste qui va passer à la postérité, Lilian à genoux, un doigt en travers de la bouche, le regard incrédule, comme s’il revenait soudain sur terre après un passage dans un autre monde où il aurait exécuté un exploit si extravagant, si fabuleux, qu’il ne peut en mesurer l’ampleur.
Mais, conséquence du carton rouge attribué à Laurent Blanc, pour une faute à l’encontre du croate Bilic probablement involontaire (page 215), l’équipe de France se réorganise et résiste (pages 216-217).
Aimé Jacquet décrit ensuite longuement son carnet noir (pages 218-220), à la fois « aide-mémoire », « roue de secours » et « garantie de lucidité » (page 218).
L’équipe prépare la finale, avec tranquillité (pages 220-224), à Clairefontaine, comme au Château de la Voisine (pages 221-222), sis « de l’autre côté de la rue » (page 221).
Thierry Marszalek, directeur du Service audiovisuel du Centre technique, permet lui aussi de bien préparer les joueurs, en leur révélant l’organisation des équipes adverses (page 223).
En route vers la finale (pages 224-225).
Toutefois, lorsque nous nous retrouvons dans notre vestiaire du Stade de France, les visages se tendent et le silence revient, lourd et solennel. Enfin, quand je dis « notre » vestiaire, c’est une façon de parler parce que les méandres du règlement FIFA ont déterminé que la finale était Brésil-France et non France-Brésil : il nous revient donc d’occuper le vestiaire dit des « visiteurs ». Franchement, les joueurs s’en moquent comme d’une guigne, et moi encore plus qui n’ai jamais été superstitieux ni très attaché à je ne sais quels signes du destin.
Pas de superstition donc, mais un rituel immuable dans la préparation. Chacun est à sa place, toujours la même, Didier au bout du banc tout à gauche et Zizou à l’autre extrémité à droite. Chacun répète les gestes habituels, dans le même ordre, en guettant le moment où ce sera son tour d’aller au massage.
Aimé Jacquet revient ensuite sur l’affaire de la feuille de match modifiée, sans puis avec Ronaldo (pages 226-227), le sélectionneur Zagallo savait son joueur-vedette dans une clinique, suite à un malaise, pour finalement le voir revenir à temps.
Souvenirs, souvenirs...
Le match commence.
Chaque joueur français dégage une force impressionnante, et plus impressionnante encore m’apparaît notre force collective, nourrie de l’apport de chacun.
Dans chaque duel, le Français prend le meilleur sur le Brésilien. L’homme au maillot bleu a toujours un temps d’avance sur l’homme au maillot jaune. Il est conquérant dans toutes ses actions, judicieux dans ses choix, efficace dans ses gestes.
Zidane marque deux buts en première mi-temps : la France exulte (page 228).
Au retour du vestiaire, pour la seconde période, les joueurs répètent le mantra de leur capitaine, Didier Deschamps : « On ne lâchera rien ! » (page 229), qui donne au chapitre son titre.
Les Brésiliens jouent leur va-tout, Ronaldo est bien près de ramener le score à 2-1, seul au coin des dix mètres. Heureusement Barthez est là, l’invincible Fabien qui bloque superbement le boulet de canon du Brésilien.
Marcel Desailly se voit affublé d’un second carton jaune. Suite à son expulsion, l’équipe de France se réorganise.
Je fais passer Bogho[ssian], qui vient de remplacer Karembeu, dans l’axe central et je fais entrer Patrick Vieira pour étoffer le milieu. Non seulement nous tenons, mais nous nous offrons le luxe, à la dernière minute, d’un troisième but qui donne des allures de triomphe au succès français. Et un, et deux, et trois zéro, on connaît la chanson !
Cette fameuse chanson...
Le troisième but, signé « Emmanuel Petit ».
Sur un corner contre nous, Dugarry est à la récupération, Duga qui a retrouvé ses copains l’espace d’une demi-heure après son terrible claquage, Duga qui n’en peut plus mais qui s’arrache pour remonter ce ballon. Il voit et sert Vieira sur la gauche. Petit, qui a déjà dû courir plus de dix kilomètres dans le match, s’engage à grandes enjambées rageuses sur la gauche, le ballon de Patrick lui parvient, millimétré, pour un tir croisé qui va mourir dans le petit filet brésilien, sur la gauche de Taffarel.
Et un but marqué par Manu Petit, comme un pied de nez à toutes ces théories fumeuses sur le nombre et la nature des attaquants. C’est d’abord un but collectif. La marque indélébile d’une très très grande équipe.
Aimé Jacquet revient sur le métier d’entraîneur (pages 231-234).
Si l’éducateur de jeunes se consacre essentiellement à l’initiation, à l’apprentissage des gestes et des premières bases techniques, l’entraîneur d’adultes est là d’abord pour organiser le jeu de l’équipe, soigner sa préparation, trouver les meilleures complémentarités et tirer le meilleur parti des atouts dont il dispose.
Si l’entraîneur doit nouer avec chacun des joueurs un dialogue de confiance, il faut en outre que cet échange soit constamment orienté, projeté vers l’équipe, pour l’équipe.
Le joueur a toujours, et c’est légitime, le souci de sa performance individuelle, en équipe nationale plus qu’ailleurs. Notre force, notre victoire avec les Bleus, aura été de favoriser leur expression personnelle tout en la canalisant efficacement au profit de l’équipe.
Pour moi, pour tout le staff, c’est une immense satisfaction professionnelle et humaine qui nous a permis, au soir du succès, d’affirmer que nous ne nous étions pas trompés ni sur les joueurs ni sur les hommes.
Aimé Jacquet célèbre chaque champion : Bernard Lama (pages 232-233), Vincent Candela (page 233), Bixente Lizarazu (pages 233-234), Patrick Vieira (pages 234-235), Laurent Blanc (page 235)…
Comment ose-t-on dire de l’équipe de France qu’elle est défensive quand elle a un patron des bases arrière aussi souverain et clairvoyant dans la relance ?
… Youri Djorkaeff (pages 235-236), Didier Deschamps (pages 236-237)…
Un patron, un meneur. Le professionnalisme intégral, dur au mal, très fort mentalement, qui s’analyse, qui analyse le jeu et les hommes avec lucidité, impitoyablement, toujours pour le bien du collectif. Il ne connaît pas le doute… ou alors il le masque bien. Bref, le capitaine idéal pour des champions du monde.
Et vous allez voir l’entraîneur que ça fera !
Et nous l'avons vu, en 2018 et en 2022 :
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Victoire des Bleus: la France Championne du Monde!!! :D (Russie 2018)
Équipe de France 2018 - Image FFF
Les Champs-Élysées - vue depuis l'Arc de Triomphe - Image France Télévisions
Une belle victoire des Bleus.
… Marcel Desailly (page 237), Stéphane Guivarc’h (pages 237-238), Zinédine Zidane (pages 238-239)…
Que dire de ce génie du football, unanimement, mondialement connu et reconnu ? De ce joueur qui fait ce qu’il veut du ballon […] ?
… Robert Pires (page 239), Thierry Henry (pages 239-240), Bernard Diomède (page 240), Alain Boghossian (pages 240-241), Lilian Thuram (pages 241-242), Fabien Barthez (page 242)…
L’homme au maillot aux manches toujours coupées bondit, jaillit, se précipite, libérant une énorme énergie, presque une violence dévastatrice. Il vole, il plane comme un extraterrestre, pour reprendre l’expression de son copain Laurent Blanc.
… Emmanuel Petit (pages 242-243), Franck Lebœuf (pages 243-244), Christian Karembeu (page 244), David Trezeguet (pages 244-245), Christian Dugarry (pages 245-246) et Lionel Charbonnier (page 246).
Comme pages 20-21, Aimé Jacquet fait de la victoire française en Coupe du monde une « récompense pour l’ensemble du football français » (page 247).
Il rend aussi hommage à Georges Boulogne (ibidem) et à Jean Snella (page 248 ; cf. aussi pages 58-61).
Aimé Jacquet souhaite que le jeu passe avant l’argent (pages 248-249). Il fait des journalistes les « témoins-rapporteurs » des événements et les promoteurs du « sport en général » (page 249). Pour autant, l’argent, les médias et les techniciens doivent œuvrer de concert (pages 249-250).
Aimé Jacquet accorde quelques pages au cas de L’Équipe, seul quotidien sportif français, dont il salue l’inventivité, tout autant qu’il déplore le « nouveau journalisme » (page 251) et ses inutiles scandales (pages 251-262).
Mais il salue la qualité de la presse régionale (pages 253-254) et celle de l’Agence France-Presse (page 257).
C’est, j’en conviens, le rôle du journaliste de témoigner, de rapporter, de suggérer aussi. Mais il n’a pas pour vocation de se faire décideur à la place du décideur ! Il ne peut se targuer de détenir la vérité, quand sa formation et les conditions d’exercice de son métier ne lui fournissent pas toutes les données pour juger en connaissance de cause.
C’est une question de bon sens et d’humilité.
Il remercie Pierre Arditi pour son soutien, dignement émouvant (page 259).
Aux journalistes de L’Équipe :
Sans souci déontologique, avec ce pouvoir exorbitant que confère une pernicieuse situation de monopole, ils ont pris avec les réalités, avec la vérité, des libertés coupables et condamnables pour essayer de jeter l’opprobre sur un homme qui s’était pourtant montré d’une disponibilité extrême avec tous les médias.
Avec une conception de leur métier très particulière, car destructrice, ils ont pollué le climat autour de l’équipe de France, prenant le risque de la priver de ce soutien populaire indispensable aux grandes épopées.
Aimé Jacquet évoque son souhait de quitter ses fonctions et la réunion de la Direction technique nationale, au matin du 15 juillet 1998.
Le 15 juillet au matin, à Clairefontaine, se tenait une réunion de la DTN où nous devions dresser un premier bilan de la Coupe du monde en compagnie des entraîneurs nationaux. Il s’agissait d’établir une série d’observations destinées à être publiées puis communiquées à l’ensemble des éducateurs français.
Or, ce jour-là, Gérard Houllier annonce qu’il quitte ses fonctions de directeur technique national pour devenir l’entraîneur de Liverpool ! Dans la foulée, il se confirme que deux autres entraîneurs nationaux s’en vont : Patrice Bergues accompagne Gérard en Angleterre, Jacques Devismes rallie Monaco. Quant à Philippe Bergeroo, notre « monsieur Gardiens », il est enrôlé par le Paris Saint-Germain.
Pour moi, le coup est rude. D’abord, parce que, après quarante-huit heures d’émotions si fortement positives, je vois soudain surgir du négatif. J’ai le sentiment que nous perdons beaucoup avec le départ d’un ami qui, à la tête de la DTN depuis dix ans, a accompli un travail de modernisation considérable. Surtout, je sens que la responsabilité du poste va me retomber dessus […].
Selon la formule consacrée, je n’ai pu faire autrement que de céder à l’affectueuse pression de mes amis de la Direction technique. Inquiets du grand chambardement qui s’annonçait, ils avaient besoin d’être rassurés. Ils ont placé leur confiance en moi. Après tout ce qu’ils avaient fait pour moi, avant et pendant la Coupe du monde, j’étais obligé de répondre présent.
Avec sa femme, il part se reposer à Thônes, sauf que la fête le rattrape (pages 265-266), la fatigue aussi :
C’est à l’occasion de ces excursions que je me suis rendu compte que j’étais cuit. D’habitude, je peux marcher des heures sans ressentir la fatigue. Là, au bout de quelques kilomètres, je n’en pouvais plus.
En fait, deux éléments se sont conjugués : une très grande fatigue, qui s’expliquait facilement, et une infection pulmonaire que j’avais attrapée je ne sais où, suite sans doute à l’affaiblissement de mes défenses immunitaires.
Alors, j’ai plongé. Un grand vide, une immense lassitude psychologique. Je somnolais, je n’arrivais pas à lire plus de trois ou quatre pages à la suite, alors que d’habitude, en vacances, je dévore bouquin sur bouquin. Bref, je n’avais plus goût à rien.
La forme revenue (page 267), aménageant son chalet, désirant l’agrandir, il est emmené par l’un de ses amis dans un village voisin, découvrir un autre chalet lui aussi agrandi, propriété d’une ancienne concurrente de Jeannie Longo. Nouveau village, nouvelle fête :
Et qu’on était bien, en cet après-midi d’août, dans ce petit village savoyard, au fin fond de la France ! C’est dans des moments comme celui-ci que j’ai touché du doigt l’ampleur du phénomène qu’avait déclenché le parcours de l’équipe de France. J’ai mesuré, parce qu’ils me l’ont dit, que des millions de Français avaient lutté avec nous, souffert avec nous, hurlé de joie avec nous. J’ai réalisé qu’à cette occasion des gens qui s’ignoraient s’étaient découverts. Ils avaient sympathisé, le champagne, le vin ou la bière avaient coulé à flots dans tout le pays, jusque dans les plus petits villages, et singulièrement dans cette fameuse nuit du 12 au 13 juillet.
Je laisse aux sociologues le soin d’analyser le phénomène. Je laisse les cyniques gloser sur le caractère éphémère de cette allégresse nationale. Mais la réalité de ce sentiment, son intensité comme son caractère positif, je ne voudrais pas qu’on les conteste. D’ailleurs, le bonheur ressenti, rien ne pourra nous l’enlever. Cette petite étoile qui orne désormais les maillots de l’équipe de France, symbole de notre victoire en Coupe du monde, elle n’a peut-être pas grande signification en soi. Mais ce qu’elle représente de joie partagée, rien ne pourra l’effacer. Et puisque bonheur il y a, pourquoi perdre son temps à se demander s’il est proportionné à l’événement ?
Passionné par les Arts, les Lettres et les Sciences,
la République et la France des Lumières!
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